Un calme précaire règne au no 2, avenue des Casernes, à Lausanne, dans le grand auditoire du Département de la santé et de l’action sociale du canton de Vaud, où se réunit chaque jour à 11h30 la cellule de gestion sanitaire du coronavirus. C’est lundi et la semaine qui commence s’annonce intense, mais pour ceux, nombreux, qui n’ont pas eu de week-end, elle se mélange avec les précédentes dans un fondu enchaîné éreintant. Un PowerPoint est projeté sur un mur et, l’une après l’autre, les nouvelles tombent récoltées aux quatre coins du canton.

Tout est paré pour faire face au pire

Tout y passe, du plus important au plus trivial: les récents décès, le nombre de patients hospitalisés, la situation dans les EMS, l’état des stocks de surblouses, de masques et de médicaments essentiels, la gestion des respirateurs artificiels mis à disposition par l’armée, la coordination avec la protection civile et l’armée, l’intégration des soldats sanitaires, le déploiement des ambulances et même l’évolution du nombre d’appels au 144 et leur durée moyenne. La liste n’est pas exhaustive. Les discussions sont techniques et systématiques et lorsqu’une décision ne peut être arrêtée dans la foulée, rendez-vous est pris le jour même pour trouver des solutions. Tout ce qui concerne de près ou de loin l’impact sanitaire de l’épidémie de Covid-19 sur le canton de Vaud se décide ici dans les locaux partiellement déserts du bâtiment administratif de la Pontaise (PAB), en contrebas du Stade olympique.

Rebecca Ruiz, la ministre de la Santé, Karim Boubaker, le médecin cantonal, Stéphanie Monod, la directrice de la Direction générale de la santé, et Eric Masserey sont les acteurs principaux de cette structure ad hoc pour gérer l’épidémie. Mais il y en a d’autres qui tous œuvrent pour sauver des vies, atténuer les conséquences de l’épidémie et, surtout, pour donner un sens aux consignes de prudence et à la stratégie de santé publique mise en place. Cette semaine, Le Temps rendra compte quotidiennement des efforts déployés au sein de cette cellule de crise pour faire face au fléau et maintenir le cap. En immersion au cœur du dispositif, nous relaterons les arbitrages épineux et les enjeux médicaux, raconteront aussi les femmes et les hommes qui font cette histoire à coups de décisions délicates.