L'administration jurassienne réclamait une somme d'investissements de 234 millions de francs pour la période 2000-2003. Obnubilé par l'équilibre budgétaire et la volonté de freiner l'évolution de la dette, le gouvernement a taillé dans le vif. Il limite l'enveloppement des investissements cantonaux à 148 millions, ce qui représente une moyenne annuelle de 37 millions. Le Jura doit ainsi être en mesure de réaliser un autre objectif: parvenir à un taux d'autofinancement des investissements d'au moins 60%.

Pour justifier la modestie du plan financier d'investissement, présenté lundi, le ministre des Finances Gérald Schaller a sorti les classements des cantons suisses en fonction de leur santé financière. «Notre endettement a plus que doublé depuis 1990 et nous figurons au 18e rang des cantons s'agissant de la dette par habitant. Au hit-parade des charges de fonctionnement, le Jura est 23e; il est 21e dans le classement des cantons en fonction des recettes fiscales par habitant.» Dans un environnement aussi noir, le gouvernement a choisi de cibler ses investissements, de se limiter aux besoins urgents et indispensables.

Même s'il réclamait plus que ce qu'il a obtenu (Le Temps du 2 juillet), Pierre Kohler se taille pourtant la part du lion. Le ministre de l'Equipement pourra faire avancer les travaux de réalisation de la Transjurane: le canton dépensera 7,5 millions par année, la Confédération 150 millions. Les autres entretiens routiers, avec un accent mis sur la J18 qui traverse les Franches-Montagnes, coûteront cinq autres millions par année au Jura. Plus du tiers des investissements cantonaux vont ainsi à la route.

Le Jura a aussi prévu d'investir en faveur des handicapés: il participe au financement d'un foyer pour handicapés profonds à Boncourt et d'un centre pour cérébro-lésés à Courfaivre. Il consacrera encore une partie de son argent à des aménagements scolaires, au lycée de Porrentruy et à l'école de culture générale de Delémont.

En se limitant «aux besoins les plus pressants et les plus indispensables», pour reprendre l'expression de Gérald Schaller, le Jura veut montrer qu'il gère ses deniers publics avec rigueur et parcimonie, plutôt que se lancer dans de grandes réalisations. Ce mardi, le gouvernement adoptera un autre plan censé régir son action ces prochaines années: le programme de législature. Ce document politique initié par Jean-François Roth, qui sera rendu public début août, devrait présenter un peu plus d'ambition que le plan d'investissement.