Le fondateur de l'Université populaire albanaise (UPA), de Genève, Ueli Leuenberger peine à contenir sa colère. Celui qui n'a cessé de se battre pour que les réfugiés kosovars soient hébergés par leur parenté en Suisse dénonce la frilosité du mode d'accueil proposé. Certes, admet-il, une majorité de cantons semble enfin favorable à ce projet, mais il ne sera possible qu'à titre «exceptionnel», c'est-à-dire uniquement lorsque les centres d'enregistrement et les lieux d'hébergement publics seront débordés.

Le père de l'UPA estime par ailleurs que ce modèle d'intégration perd une grande partie de sa pertinence car la notion de famille reste pour l'instant limitée aux seuls parents, grands-parents et enfants. «Les cantons n'ont à nouveau rien compris à la famille albanaise et aux liens de sang qui l'unit.» A ses yeux, les frères et les sœurs des Kosovars de Suisse devraient aussi absolument pouvoir rejoindre leurs proches. C'est en définitive au Conseil fédéral qu'il reviendra de trancher cette question, ce mercredi probablement.

Une «bonne surprise»

Le responsable du dossier suisse au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, Philippe Leclerc, est en revanche satisfait de la position des cantons. Il relève que l'inclusion des grands-parents dans la notion de famille est une bonne surprise, dans la mesure où les autorités s'étaient jusque-là montrées très réticentes. Reste à savoir comment la Suisse favorisera le regroupement familial tout en refusant aux réfugiés le droit de s'en prévaloir automatiquement afin de ne pas modifier la clé de répartition cantonale. Là, aussi, on s'attend à des précisions mercredi. E. Mi