Les sans-papiers de Suisse romande s'activent. A Lausanne, une solution se profile pour la majorité des illégaux du temple de Bellevaux. Lundi expire l'ultimatum fixé à ceux de l'église Saint-Paul de Fribourg. C'est le moment choisi par les clandestins «neuchâtelois» pour se constituer à leur tour en collectif. Hier, ils ont rendu publique une motion dans laquelle ils revendiquent la régularisation de leur statut. Et annoncent, à terme, l'occupation symbolique d'un lieu. La menace d'expulsion par la police qui pèse sur les illégaux de Saint-Paul n'a pas d'effet dissuasif sur eux.

«Nous choisirons un endroit visible. Par exemple, des tentes sur la place du marché de La Chaux-de-Fonds, déclare Achille Renaud, membre du nouveau collectif des sans-papiers du canton de Neuchâtel. Nous prendrons une décision demain, à l'occasion de notre soirée d'inauguration.»

Le mouvement a convié le conseil communal (exécutif) et des personnalités chaux-de-fonnniers à participer à sa première assemblée vendredi. Des délégations de Bellevaux et de Saint-Paul y sont attendues. A cette occasion, le troisième collectif romand souhaite jeter les bases d'une plate-forme de coordination de tous les mouvements de soutien aux sans-papiers. La seule manière, selon Achille Renaud, d'accorder leurs revendications et de ne pas déranger «la gauche caviar et de la droite choucroute». Vendredi, le collectif neuchâtelois prévoit de lancer une campagne générale de sensibilisation, sous la forme d'un appel à l'insoumission civile. Il invitera les citoyens présents à remettre leurs papiers d'identité et à vivre, l'espace d'un soir, dans la peau d'un clandestin.

Pour sa part, le collectif fribourgeois annoncera ses intentions lors d'une conférence de presse organisée le 20 août, soit le jour de l'expiration de l'ultimatum qui lui a été lancé par la paroisse. «Je sais que ceux de Saint-Paul ne lâcheront pas», affirme Achille Renaud. Qui laisse entendre qu'ils pourront compter sur l'hospitalité traditionnelle des Chaux-de-Fonniers.

Une hospitalité à laquelle les réfugiés de Bellevaux ne devront apparemment plus faire appel. Hier en effet, le vice-chancellier de l'Etat de Vaud, Pierre-Alain Uberti, confirmait à la TSR une information parue dans 24 Heures. Les autorités vaudoises ont prolongé l'autorisation de séjour de sept des neuf occupants du temple lausannois jusqu'en janvier 2002. Les deux clandestins célibataires n'étant pas considérés «en difficulté grave», leur situation ne se résoudra pas de sitôt.