L’extrême gauche, qui se décrit comme la «gauche combative», rêve de conquérir Berne, dont elle est quasiment absente. Par l’entremise d’Ensemble à gauche, elle compte profiter de l’augmentation d’une unité de la députation genevoise au Conseil national. Elle a aussi déposé des listes à Neuchâtel (SolidaritéS et POP), dans le canton de Vaud (Ensemble à gauche et POP), à Zurich (Liste Alternative et Parti du travail) et au Tessin (Verts et la Gauche alternative). Elle a connu son heure de gloire dans l’immédiat après-guerre, lorsque le Parti suisse du travail comptait sept sièges au Conseil national. Depuis la fin des années 1970, elle oscille entre zéro et trois députés et ne compte aujourd’hui plus qu’un seul représentant: le popiste neuchâtelois Denis de la Reussille, également maire du Locle. Avant lui, le phare le plus emblématique de la gauche de la gauche a été le Vaudois Josef Zisyadis, qui a siégé sous la Coupole de 1991 à 1996 puis de 1999 à 2011.

Denis de la Reussille a été élu en 2015. Il a alors délogé les Verts, avec qui les partis neuchâtelois de gauche sont apparentés. Il est désormais menacé d’être à son tour évincé par ce même Parti écologiste, qui, dans le cadre d’une large alliance englobant aussi le PS, devrait obtenir davantage de suffrages que le POP et SolidaritéS. Les trois formations composent un seul et même groupe, PopVertsSol, au Grand Conseil neuchâtelois. C’est donc en fonction de cette «réalité neuchâteloise» que, seul élu du POP, il a intégré le groupe des Verts à Berne, confie-t-il au Temps. Au milieu de cet ensemble qui compte 13 membres, il dispose d’une visibilité réduite. Il ne s’aligne pas systématiquement sur les positions écologistes pour autant. «J’ai toujours gardé ma liberté de vote», assure-t-il sans oublier de signaler que «Pro Natura et le WWF m’ont classé parmi les députés les plus vert-compatibles. Mon engagement politique est avant tout social, mais il est aussi environnemental. Dans les années 1980, je manifestais contre les centrales nucléaires.»