«J’ai perdu du temps, beaucoup de temps», regrette Alexandre*, dont le visage juvénile s’assombrit soudain. Aujourd’hui, le jeune homme de 20 ans, au bénéfice de l’aide sociale depuis un an, ferait n’importe quoi pour avoir une «vie normale», se rendre au travail le matin, être indépendant financièrement. Comme lui, quelque 1900 jeunes âgés de 18 à 25 ans sont inscrits à l’Hospice général à Genève; 70% d’entre eux n’ont pas de diplôme. Depuis l’an dernier, une poignée de bénéficiaires suivent un programme pour trouver une formation, seule manière d’entrevoir un avenir serein dans un marché du travail de plus en plus concurrentiel, encore fragilisé par la crise du Covid-19. Un projet pilote mené en partenariat avec l’Etat, soucieux d’éviter que les jeunes ne s’enracinent à l’aide sociale.