L'effervescence va monter d'un cran ce vendredi à Berne. Mais d'un petit cran seulement, car on n'attend pas du comité directeur du Parti socialiste qu'il compose lui-même le ticket que le groupe parlementaire présentera au parlement dans la perspective de la succession de Ruth Dreifuss. Selon les statuts du parti, révisés il y a deux ans, le comité directeur «est compétent pour la proposition au groupe socialiste de l'Assemblée fédérale de candidatures pour les élections au Conseil fédéral». Cette formulation vague laisse un large champ d'interprétation. Elle n'a encore jamais été mise en pratique, puisque, précédemment, c'est le comité central – organe qui n'existe plus aujourd'hui – qui avait la compétence d'émettre une recommandation à l'intention du groupe.

Le comité directeur est composé de dix personnes: la présidente, les deux vice-présidents, le secrétaire général, la présidente du groupe parlementaire, une déléguée des Femmes socialistes, un représentant de la Jeunesse socialiste et trois membres désignés par le Congrès. Il va auditionner cet après-midi les cinq candidats, puis débattra à huis clos de la recommandation qu'il transmettra ensuite au groupe. Cette prise de position se limitera sans doute à une liste de critères destinés à guider la composition du ticket: nombre de candidatures (vraisemblablement deux, éventuellement trois), priorité accordée aux femmes, expérience parlementaire et gouvernementale, représentation régionale, etc. Le comité directeur ne devrait en revanche pas articuler de nom ni se déterminer de manière trop précise sur l'attitude à adopter face au parlement si celui-ci élit un(e) candidat(e) non officiel (le). Il laissera ainsi au groupe parlementaire, qui se déterminera dans une semaine, une plus grande marge de manœuvre.