La loi sur le CO2, adoptée en septembre par le parlement, est attaquée de toutes parts. Après les grévistes du climat, c’est au tour de l’économie de lancer un référendum contre une loi «coûteuse et inefficace», annonce vendredi le comité.

«La Suisse n’est responsable que d’un millième des émissions mondiales de CO2», avance le comité économique contre la loi, constitué de représentants de la branche automobile, des transports, de la branche aéronautique, du bâtiment et de la branche pétrolière. Une réduction des émissions à l’échelle nationale n’aurait aucun impact sur le climat mondial, poursuit-il.

Par ailleurs, la Suisse est déjà exemplaire. Les émissions ont été réduites de 20% par habitant au cours des dix dernières années. Pour le comité, la Suisse est sur la bonne voie.

Injustice

La nouvelle loi entraîne plus de bureaucratie, plus d’interdictions, plus de règlements, plus de nouvelles taxes et de redevances, critique encore le comité. Les charges sont énormes pour la population et l’économie.

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Entre l’augmentation du prix du carburant et la taxe sur les billets d’avion, des coûts de 1000 francs par an peuvent s’accumuler pour une famille de quatre personnes, exemplifie le comité. De plus, les familles, les pendulaires et les populations rurale et montagnarde seront plus impactés par les nouvelles taxes.

Les entreprises industrielles et artisanales, comme les boulangeries, paieront plus que les banques ou les agences de publicité. Une injustice, attaque le comité.

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L’Alliance climatique suisse a réagi dans la foulée. «Si ce référendum pétrolier est accepté, la politique climatique suisse sera complètement bloquée pendant plusieurs années», estime son président Christian Lüthi. Les associations de concessionnaires de véhicules et de l’industrie pétrolière, dans lesquelles l’UDC est fortement représentée, cachent leurs propres intérêts économiques derrière des effets prétendument négatifs pour la classe moyenne.

Loi «insuffisante»

De l’autre côté de l’échelle politique, les grévistes du climat estiment quant à eux que la loi est insuffisante pour freiner le réchauffement climatique. Ils considèrent que la réforme ne tient pas compte des revendications exprimées depuis deux ans lors des mobilisations dans la rue.

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Les Chambres fédérales ont finalisé en septembre la nouvelle loi sur le CO2. Elle introduit plusieurs taxes et mesures pour réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990. Le réchauffement climatique doit quant à lui être limité à 1,5 degré.