«Si les accords bilatéraux entrent en vigueur, ils donneront un sérieux coup de fouet à la collaboration transfrontalière.» Convié à s'exprimer devant une centaine de personnes lors d'un débat sur le thème des bilatérales, organisé par l'association franco-valdo-genevoise pour le développement des relations interrégionales (Agedri), Carlo Lamprecht a tenu à rassurer les élus français. En effet, ces derniers redoutent que, sous l'impulsion des accords bilatéraux, le développement économique de Genève et de son agglomération provoque une urbanisation désordonnée de leur territoire.

Le conseiller d'Etat genevois est convaincu que «les Genevois et les Français, promis à un avenir commun, renforceront leur coopération pour le bien d'une région commune». Pour prouver que ce chemin est déjà entamé, le chef du Département cantonal de l'économie a annoncé que le Comité régional franco-genevois (CRFG) a décidé, lors de son assemblée générale le 20 avril dernier à Lyon, la mise en place d'un observatoire commun sur les bilatérales. Son objectif serait d'obtenir une vision approfondie des caractéristiques de la région tout en surveillant leurs évolutions. «Les modifications que nous pourrons percevoir, tant sur le plan des transports, de l'habitat, de l'économie ou de la population, nous permettront de réagir rapidement», précise Carlo Lamprecht.

Des moyens efficaces

Parmi tous les organismes transfrontaliers du Bassin lémanique, le CRFG, fondé en 1974, est celui qui dispose des moyens d'action les plus efficaces. Et cela parce qu'il est constitué par les autorités du canton de Genève et celles des départements de l'Ain et de la Haute-Savoie. Selon le conseiller d'Etat, le CRFG est la seule organisation politique «capable de maîtriser les effets insidieux des bilatérales.»

La perspective d'un renforcement des collaborations transfrontalières est favorablement accueillie par les élus français. Notamment par Robert Borrel, maire d'Annemasse et conseiller régional. Egalement convié par l'Agedri, il n'hésite pas à revendiquer «un devoir d'ingérence chez le voisin dans les domaines des transports, de l'environnement ou encore de l'aménagement».