Le chef de la police argovienne Stephan Reinhardt, 46 ans, démissionne après seulement quatre ans à son poste. Il tire les conséquences d’un excès de vitesse survenu en 2011 et pour lequel il s’est fait retirer son permis pour six mois.

L’excès de vitesse «affecte ma marge de manoeuvre» et «affaiblit ma crédibilité de commandant», a admis Stephan Reinhardt, le visage marqué. Il a indiqué avoir décidé de démissionner à fin 2012, devant les médias lundi à Aarau.

Il quittera son poste le 31 août. Urs Winzenried, son actuel bras droit, le remplacera ad interim dès septembre. Le gouvernement cantonal regrette la tournure qu’ont pris les événements, peut-on lire dans le communiqué. Il salue toutefois la position claire du commandant et la partage.

Flashé par un radar

Il y a environ un an, M. Reinhardt avait été flashé par un radar alors qu’il circulait avec son véhicule privé à 86 km/h sur un tronçon limité à 60 km/h. Il avait expliqué qu’il croyait que la vitesse était limitée à 80 km/h à cet endroit.

Stephan Reinhardt en avait informé ses 750 collaborateurs en mai. Un mois plus tard, le «Blick» dévoilait l’affaire au public.

Il doit maintenant remettre son permis de conduire pour une durée de six mois. Si le retrait est aussi long, c’est parce que l’avocat de formation n’en est pas à son premier délit routier. Il avait déjà été amendé 2007 pour excès de vitesse et avait dû déposer son permis pendant un mois.

Un récidiviste

Pendant ses études en 1993, il avait été pincé au guidon d’une moto en état d’ébriété, ce qui lui avait coûté deux mois sans bleu. Quelques années plus tard, il avait provoqué un accident de vélo.

Des infractions dont le Conseil d’Etat n’avait pas connaissance au moment de nommer Stephan Reinhardt au poste de commandant de la police. La procédure de sélection pour les postes exposés sera examinée pour savoir si des améliorations sont nécessaires.

M. Reinhardt avait accédé à la tête de la police argovienne en 2008. Il avait auparavant travaillé comme responsable de projet à l’Office fédéral de la police (fedpol). Son prédécesseur Léon Borer avait dirigé la police argovienne pendant 29 ans.

Retrait à Nidwald

La police nidwaldienne connait elle aussi des difficultés au niveau de ses cadres. Le futur commandant de la police criminelle, n’entrera finalement pas en fonction en novembre, comme prévu.

Mirco Dommann, 35 ans, s’est avéré ne «pas être la solution optimale», a indiqué le conseiller d’Etat Alois Bissing sur les ondes de la radio alémanique DRS. Les autorités lui cherchent un remplaçant.