Christian Varone est arrivé à l’aéroport de Zurich mercredi en fin d’après-midi, en provenance d’Antalya. Alors que l’avion s’est posé à Zurich à 17h35, Christian Varone est apparu vers 18h00 dans le hall du terminal 2, en compagnie de son épouse et de son frère, qui ont fait le voyage avec lui.

Ses enfants l’avaient rejoint dans l’aire de distribution des bagages et se trouvaient aussi à ses côtés. Ils avaient pu quitter le territoire turc vendredi dernier déjà, au terme de leurs vacances.

Devant les journalistes qui l’attendaient, Christian Varone a dit être heureux d’être de retour en Suisse et se réjouir de retrouver sa femme et ses enfants. Il a aussi assuré qu’il ne gardait pas de rancune envers les autorités turques.

Etant une personne optimiste, il a toujours cru qu’il allait rapidement recouvrer la liberté, a-t-il ajouté. Même s’il a peu dormi ces derniers jours, le haut fonctionnaire a dit se sentir bien physiquement. Christian Varone a encore remercié le Département fédéral des affaires étrangères et l’ambassade de Suisse en Turquie, qui ont fait un «très bon travail». Incertitude sur les suites

Un peu plus tôt, alors qu’il confirmait le départ de Turquie de son supérieur, le porte-parole de la police valaisanne Jean-Marie Bornet a dit le soulagement de l’institution face au retour de son commandant en Suisse. Il n’a toutefois pas souhaité commenter les suites juridiques éventuelles de l’affaire en Turquie.

L’incertitude règne encore sur ce point. Mardi, la présidente du gouvernement valaisan et cheffe du Département de la sécurité Esther Waeber-Kalbermatten a indiqué que Christian Varone était inculpé mais pouvait regagner la Suisse. Elle tenait ses informations de l’ambassadeur de Suisse en Turquie.

La conseillère d’Etat a toutefois précisé que le poste de Christian Varone n’était pas remis en question par cette affaire. «Il s’agit avant tout d’une affaire privée, à ne pas mélanger avec sa fonction publique», a-t-elle précisé. Absent du 1er août

Le commandant de la police a renoncé à prononcer son discours de 1er août chez lui à Savièse (VS). Le président de la commune Michel Dubuis devrait prendre la parole à sa place. «Nous regrettons son absence», a déclaré le maire, «mais nous sommes en pensée avec lui et sa famille».

Christian Varone passera la fête nationale avec ses proches, «qui sont sa priorité», a souligné Jean-Marie Bornet. Cela va lui permettre de faire un «débriefing en famille» suite à sa mésaventure en Turquie. Christian Varone ne communiquera pas dans l’immédiat sur les détails de son arrestation et de l’affaire. Il pourra ainsi «reprendre des forces», ajoute Jean-Marie Bornet.

Le commandant de la police valaisanne a par ailleurs remercié les personnes qui l’ont soutenu et l’élan de solidarité qui s’est notamment manifesté sur les réseaux sociaux. Vacances

Christian Varone a été déclaré libre mardi lors d’une audience au tribunal, selon son frère Patrick Varone. S’en sont suivies des formalités administratives qui se sont poursuivies jusqu’à une heure du matin et qui ont repris mercredi matin.

L’incident qui a valu à Christian Varone d’être arrêté vendredi s’est produit la semaine dernière, alors qu’il passait des vacances en famille à Antalya. Lors d’une sortie, un membre de sa famille a ramassé un caillou sur un chemin public en bordure d’un site archéologique. L’objet a été découvert lors d’une fouille des bagages alors que la famille s’apprêtait à regagner la Suisse.

Un Gruérien a connu pareille mésaventure en 2005. Il avait emporté dans ses bagages un caillou que les autorités turques ont considéré comme vestige archéologique. Il avait été libéré après trois jours de détention et malgré une condamnation à 10 ans de prison, après avoir payé une caution dont le montant n’a pas été révélé.