Petit canton francophone, Neuchâtel fait à son tour l'effort de proposer un enseignement bilingue dans ses lycées. Avec un zeste d'audace en lançant la maturité français-anglais. Reste à vérifier que l'offre bilingue sera durable pour satisfaire une demande qui ne faiblira pas.

Pour assurer la pérennité de l'expérience, il appartient aux autorités de prendre des mesures pour adapter la formation et le perfectionnement des enseignants et combler le vide actuel en moyens d'enseignement en anglais.

L'Etat doit permettre aux futurs enseignants d'acquérir les bases pour s'exprimer et enseigner dans une langue étrangère, puis les inciter, soutiens à l'appui, à aller pratiquer dans une autre région linguistique.

La mobilité des professeurs est une composante essentielle de la réussite de l'enseignement bilingue. Si elle est aisée dans certaines régions, comme à Bienne où une maturité bilingue existe depuis plusieurs années, elle doit être encouragée ailleurs. La mobilité ne se limite pas à franchir la Thielle ou la Sarine, mais doit se traduire aussi par des échanges de durée moyenne d'un pays à l'autre. Le bilinguisme à l'école favorisera non seulement l'expression dans une langue étrangère, mais aussi l'immersion dans une autre culture et une manière différente d'appréhender la réalité. L'école renforcera sa vocation d'ouverture.