Il y a beaucoup d'hypocrisie dans ce débat. Officiellement, tout le monde reconnaît la gangrène et se déclare prêt à lutter contre l'économie souterraine. Certains incidents connus, comme la prise en faute du conseiller national UDC Jean Fattebert, ont jeté une lumière crue sur ce problème. En arrière-plan, cependant, les résistances sont nombreuses. Economiesuisse estime que la nouvelle loi n'est pas nécessaire et qu'il vaudrait mieux alléger les charges fiscales qui pèsent sur les entreprises. C'est pour elle le meilleur moyen de les inciter à déclarer leurs clandestins. Et l'on perçoit, derrière les propos de certains patrons, un évident accommodement avec la situation actuelle.

Mais si personne n'entreprend jamais rien et se contente de faire de belles promesses, rien ne changera. En ce sens, le National a eu raison de passer par-dessus ses hésitations et d'adopter cette loi. Celle-ci reste perfectible. Le modèle retenu pour les petites entreprises mérite sans doute encore quelque réflexion. Et il est nécessaire d'introduire un système de répression. Comme l'a démontré la loi sur les cartels, une loi sans sanctions ne sert à rien du tout. Ce qui est proposé n'est toutefois qu'un début.