L'enquête des parlementaires vaudois a été sérieuse et diligente, et il n'y a pas de reproche à faire à ceux qui l'ont menée. Etait-elle pour autant justifiée? A la lecture de conclusions, qui ne dégagent rien de fondamentalement neuf ou d'ignoré, la tentation de répondre par la négative est grande. C'est que le genre «commission d'enquête» touche à ses limites lorsqu'il prétend investiguer un pan tout entier de l'action de l'Etat. Il risque surtout – et c'est ce qui arrive dans le cas des EMS – de mettre à jour des lacunes très généralement partagées, et non des dysfonctionnements précis, aisés à sanctionner ou à corriger.

L'exercice pourrait pourtant trouver une justification a posteriori. Si cette commission d'enquête conduit l'Etat à se montrer à l'avenir attentif partout où il injecte de l'argent, alors elle aura été d'une utilité proprement inestimable.