Il y a longtemps que les entreprises privées ont cessé de faire un tabou de leur politique salariale. N'importe quelle étude documentée donne au franc près les salaires habituels dans une branche, avec moyenne, planchers et plafonds de rémunération effectifs. Et cela pour des catégories pointues.

Et dans le secteur public? Rien. Un blanc sur la carte, une «Terra incognita» vaguement fléchée par des minima et maxima qui ne disent rien, et surtout pas combien l'Etat paie réellement ses gendarmes ou ses enseignants.

Ce n'est plus admissible. Quand la masse salariale enfle automatiquement année après année, quand toute ébauche de rationalisation est contestée, le citoyen-contribuable a le droit de savoir, d'autant qu'il est pris à témoin dans la rue. A Genève, à Lausanne, à Neuchâtel, que payons-nous pour la force des gendarmes? La diligence des secrétaires? Les connaissances des juristes?

L'absence de données explicite ouvre le champ aux doutes. Des revenus indécents? Des privilèges abusifs rondement négociés? Les cachotteries sont malsaines. Grands ou petits, les secrets de la fonction publique ne sont plus tolérables.