Dimanche, Genève s'est rapproché du reste de la Suisse à double titre. D'abord, les citoyens ont mis fin à l'exception cantonale en matière de lutte contre le chômage en se résolvant à enterrer le système des emplois temporaires. Ce réveil est salvateur: il intervient au moment où Doris Leuthard lance sa propre réforme au niveau fédéral, condamnant définitivement le renouvellement des indemnités à la mode genevoise.

Les citoyens ont aussi refusé de se mettre hors jeu sur le plan fiscal. Alors que 90% des Obwaldiens ont voté dimanche la «flat rate tax», qui instaure un taux d'imposition unique de 1,8% dès 2008, les Genevois ont eu la sagesse de rejeter les deux hausses d'impôts visant à taxer non seulement les plus nantis, mais aussi la classe moyenne. Le canton le moins favorable aux grandes fortunes évite ainsi de creuser encore le fossé avec les autres.

Ces deux résultats, dont le Conseil d'Etat de centre gauche peut s'attribuer le mérite, illustrent la défaite sans appel du Parti socialiste. Alors qu'il compte deux magistrats au sein du gouvernement, le PS apparaît marginalisé, recroquevillé sur des positions dont il doute lui-même. Ses tergiversations suivies d'une molle opposition à la loi sur le chômage le prouvent. Son slogan simpliste pour redresser les finances - «faire payer les riches» - ne fait plus recette. Le peuple a préféré faire confiance à son gouvernement, qu'il a suivi sur les huit objets de votations. Mais c'est avant tout sur le taux de chômage, pour l'heure le plus élevé du pays, que les Genevois jugeront leurs autorités.