Les radicaux vaudois ont du souci à se faire. Jusqu'ici, ils gardaient de leur grandeur passée une assise communale. Campés dans ce réduit local, ils espéraient pouvoir contenir leur érosion électorale. La Berezina de dimanche les prive de leur toute dernière position de repli, à un an d'élections cantonales qui s'annonçaient déjà périlleuses.

Les radicaux paient sans conteste l'errance idéologique à laquelle ils se sont abandonnés ces quinze dernières années. On a d'abord vu ce parti qui incarnait le pouvoir vaudois jouer du moins d'Etat pour se prémunir de ses cousins libéraux. Puis il s'est transformé en néo-conservateur, affolé par l'avancée nationale de l'UDC.

A force de courir plusieurs lièvres, les radicaux ont dilapidé le capital confiance des électeurs. Sans parler de vision politique, ces derniers ne les pensent même plus capables d'assurer la gestion des communes. A l'inverse, la gauche a su s'assagir pour conquérir son statut d'alternative crédible, capable d'assumer le ménage courant d'une ville tout en proposant à ses habitants des projets neufs.