Deux ans de prison, la peine peut paraître lourde pour le médecin le plus connu de Suisse et à qui l'on doit beaucoup pour l'intégration et l'acceptation sociale des paraplégiques. Mais la peine sanctionne des délits selon une échelle de peine qui n'est pas inhabituelle pour une telle gestion déloyale.

La popularité de Guido Zäch, son charisme, sa réputation de médecin chaleureux, sa ténacité ne sont pas remis en cause. Pas plus que son caractère ambitieux qui lui a permis de monter une clinique spécialisée qui accueille chaque année 800 patients, ou son ingéniosité pour mettre en place un système perfectionné de récolte de fonds. Mais le procès a aussi mis en lumière une autre facette du personnage public et du conseiller national: son style autocratique, son népotisme et son trop peu de rigueur. A ne plus mesurer ses propres limites.

Guido Zäch a eu l'élégance de démissionner de son mandat de conseiller national, ce qui évite d'ajouter aux difficultés du PDC. Même si l'électorat argovien ne lui aurait sans doute pas tenu rigueur de ses dérapages sans lien avec son mandat politique. Les dégâts, comme ce fut le cas en France avec la récolte de fonds contre le cancer, sont à craindre du côté de donateurs échaudés. C'est là que l'on regrettera que le charisme de Guido Zäch ait pu faire croire, avec la complicité des médias, qu'il était le seul à se battre pour les paraplégiques.