Le Conseil fédéral a multiplié les erreurs. Il est allé jusqu'à se muer en tyran, aussi bien face à la direction de Swisscom en lui interdisant certains investissements à l'étranger qu'à l'égard du parlement en ne présentant qu'une seule variante: la privatisation complète et à court terme de l'opérateur. Il a voulu passer en force et a négligé toute stratégie. Au final, en essuyant un revers aux Chambres, il s'épargne un camouflet annoncé devant le peuple.

Et pourtant... Sur le fond, le gouvernement a raison. Il est malsain que le propriétaire d'une entreprise soit simultanément client de ce prestataire de service et régulateur du marché sur lequel opère cette même société. Pour le bien de Swisscom, pour son propre bien, la Confédération est appelée à se désengager de l'opérateur.

Mais lorsqu'il présentera son prochain projet, le Conseil fédéral devra penser au bien du consommateur. Et déployer une stratégie à même de convaincre l'électeur. Il existe un moyen: abandonner la prérogative du régulateur. Ce n'est qu'en instituant un véritable Père Fouettard, plus indépendant et musclé que l'actuelle Commission de la communication, capable de veiller deprès à l'application du service public et de sévir en cas de manquement, que l'on pourra assurer au consommateur qu'il ne lui sera pas porté préjudice.Même si ce client réside dans le val d'Anniviers ou en Engadine.