Le péage routier ne pose en fait qu'un problème: sa cohérence avec les autres instruments de la politique des transports. C'est le seul problème, mais il est de taille.

Les métropoles qui taxent l'accès motorisé à leur centre disposent souvent de cette seule arme pour apporter un peu d'air dans un environnement congestionné. En Suisse, on vient tout juste de créer un fonds d'infrastructure. Il a pour but de financer, avec les recettes des taxes prélevées sur les carburants, de nouveaux projets de transports collectifs dans les zones urbaines. Mais ce fonds ne produit pas encore d'effets. Ce n'est que ces prochaines années qu'on en mesurera l'efficacité. Il est cependant prometteur, si l'on se réfère aux multiples demandes déjà déposées. C'est ce levier qu'il faut actionner pour désengorger les villes.

Le «road pricing» vise à dissuader l'usage de l'automobile et à favoriser les transports publics. Mais si c'est pour pousser les pendulaires à s'agglutiner dans des trains ou des bus déjà archibondés, il n'a aucun sens. Il faut donc commencer par aménager de meilleures liaisons de transports publics.

Ce n'est que dans un deuxième temps qu'on pourra envisager d'éventuelles taxes urbaines.