Paradoxalement, la nouveauté la plus intéressante du futur système de sécurité vaudois n'est pas policière. Elle réside dans l'obligation signifiée aux communes de s'entendre pour assumer une prestation. Le message est clair: «Soit vous bâtissez ensemble une organisation solide sur un territoire cohérent, soit l'Etat le fait à votre place, et à vos frais.»

C'est un changement de perspective. Il contient la reconnaissance de l'égalité des besoins des Vaudois, non seulement lorsqu'il faut évacuer des eaux sales, mais également en matière de services, qu'il s'agisse de sécurité, de social, de garderies, etc. Surtout, cette façon de voir consacre l'émergence des régions. Imposer des tailles critiques et des objectifs minimaux, cela revient à obliger les élus à regarder plus loin que leur clocher, à s'assembler pour décider de concert, à constater finalement que la commune n'est plus un échelon de décision adapté. L'enjeu est majeur. Pourvu que le Grand Conseil, qui devra se prononcer, le saisisse.