Aussi réjouissant soit-il, le résultat des comptes jurassiens reste fragile, car il dépend étroitement des reports de parts fédérales, très volatiles d'une année à l'autre. D'ailleurs, pour baisser de manière conséquente sa fiscalité, le canton attend avec impatience la concrétisation de la nouvelle péréquation intercantonale, dont il espère des retombées voisines de 30 millions.

Le Jura ne pourra toutefois pas attendre que les projets fédéraux se réalisent pour mettre en route son programme «Pays ouvert», qui vise à améliorer son image et augmenter sa population de 16% d'ici à 2020. Heureux hasard: c'est au moment où il a besoin de moyens que le canton dégage des bénéfices. Reste à utiliser cet argent frais judicieusement.

Le gouvernement a fait le choix de commencer par rembourser une partie de la dette. Sage précaution. Mais «Pays ouvert» implique d'autres mesures, plus spectaculaires. La baisse fiscale, réclamée par tous, en est une. L'ambition devra encore se traduire par des investissements ciblés, pour des projets économiques originaux, la famille, la formation, la culture ou les loisirs. Avec ses maigres moyens, le Jura sera vite débordé. Son salut passe peut-être par une politique de partenariat avec quelques mécènes du secteur privé, d'accord de se mettre au service de l'attractivité du Jura.