Les relations entre la Berne fédérale et les capitales cantonales sont à un tournant. L'agenda politique de 2004, qui voit se succéder les votes sur le paquet fiscal et la péréquation financière, en constitue la pierre angulaire. Le paquet fiscal a créé un climat de méfiance. Son principal défaut portait la griffe du parlement, qui avait pris le risque de surcharger le bateau. Hans-Rudolf Merz a aussi apporté sa contribution en relançant le débat sur la compensation de la progression à froid – mécanisme qui propulse les contribuables dans une catégorie fiscale supérieure par la simple adaptation de leur salaire – à quelques semaines de la votation. Ce débat a renforcé la méfiance des cantons envers ce qui se décide à Berne.

Aujourd'hui, le calme revient. Les cantons et la Confédération sont dans le même bateau pour défendre la nouvelle péréquation financière et la confiance semble refaire surface. Cette confiance sera nécessaire pour un prochain enjeu: les Accords de Schengen/Dublin. Dans cette perspective, il n'est pas inutile que les cantons se rapprochent de Berne. La Conférence des gouvernements cantonaux a déjà franchi le pas en déplaçant son secrétariat de Soleure vers la Ville fédérale. Cela facilite le dialogue, plus que jamais indispensable. On ne peut en effet prétendre raviver le fédéralisme sans resserrer les liens entre ceux qui l'animent.