Commentaire

L'abaissement du monopole de La Poste à 50 grammes ne pose aucun problème économique. La majeure partie du courrier - les deux tiers - distribué par La Poste se situe au-dessous de ce seuil. Et l'entreprise s'y prépare de longue date. La seule raison qui a poussé deux commissions parlementaires à émettre un préavis négatif est d'ordre politique. Et le Conseil fédéral a été bien inspiré d'en tenir compte pour l'étape suivante. Mais cela sera-t-il suffisant pour apaiser les craintes qui entourent l'ouverture de la distribution du courrier à la concurrence? On peut en douter. Le précédent désastreux que représente la libéralisation du marché de l'électricité fournit des armes redoutables à ceux qui s'opposent à la mise en concurrence des prestations dont l'Etat détient le monopole. Il s'agit pourtant de deux dossiers très différents. Il ne faut pas confondre courant et courrier. La réforme de l'acheminement de l'électricité est victime de plusieurs problèmes: tâtonnements des acteurs du marché, partage chaotique des tâches, opacité de la composition des tarifs, législation mal fichue. L'ouverture du marché postal reste possible, si elle se fait sur des bases plus proches de la libéralisation des télécommunications que des cafouillages auxquels on assiste avec l'énergie électrique. En passant en force contre les craintes du parlement, le Conseil fédéral prend cependant le risque de tout faire capoter.