L'esprit de Lugano souffle-t-il encore sur le parlement? A priori oui, si l'on en croit la décision prise mardi par le Conseil national. Celui-ci a concrétisé la volonté manifestée lors de la session extra-muros de Lugano, en mars 2001, de lancer des projets concrets de politique familiale sur le plan fédéral. Les allocations minimales de 200 francs s'inscrivent dans cette réflexion. Le choix du National va dans la bonne direction, car le système actuel est très disparate. La décision du National marque un pas important vers une simplification du système et l'amélioration de sa transparence. Mais il serait hasardeux de s'en réjouir trop vite, car le chemin est encore long jusqu'à l'introduction de ces allocations unifiées.

Le modèle retenu par le National touche à l'autonomie des cantons, et le Conseil des Etats ne manquera pas de s'en inquiéter. Par ailleurs, les coûts supplémentaires, importants, ne peuvent être mis à la charge exclusive des employeurs sans risquer de pénaliser les PME. Le National a donc voulu que les salariés passent aussi à la caisse. Mais ceux-ci seront-ils prêts à lâcher une partie du revenu de leur travail pour contribuer au financement d'une prestation sociale qui, jusqu'à maintenant, n'a été financée que par les employeurs? Ce débat-là n'a pas encore véritablement eu lieu.