Des membres bien-pensants du Parti libéral neuchâtelois qualifient Sylvie Perrinjaquet de «coquille vide». Au-delà de l'atteinte à la candidate au Conseil d'Etat, ces patriarches traduisent leur dépit de voir leur caste universitaire perdre sa mainmise sur le pouvoir. Qu'une femme, «jeunette» de 45 ans, «simple» maîtresse enfantine, les représente au gouvernement apparaît comme une offense au bon sens.

Le dédain machiste occulte la question essentielle: Sylvie Perrinjaquet a-t-elle l'envergure d'une conseillère d'Etat? S'ils en doutent, certains libéraux auraient dû le clamer avant sa désignation. Et poser la même question à propos du sortant Pierre

Hirschy, envers lequel on n'entend pas de critiques méprisantes.

Plusieurs éléments plaident en faveur de Sylvie Perrinjaquet. Lors du congrès de son parti, elle est la seule à avoir présenté un programme, ancré dans la philosophie libérale, préconisant la défense des intérêts individuels et des milieux économiques, et la baisse de la fiscalité.

Si son discours manque peut-être encore de charisme et de vision, la députée de Gorgier fait montre d'une autre qualité très politique: elle sait se sortir des guêpiers et reste sereine face aux pressions qui cherchent à desservir sa candidature. Au moment de se donner une stature de femme d'Etat, elle sait se retrancher derrière une carapace pour s'affirmer. Une carapace, c'est déjà mieux qu'une coquille.