La justice a réglé ses comptes avec ses détracteurs les plus virulents. Pour un temps du moins. Sans surprise aucune, c'est avec une sévérité certaine que le Tribunal a condamné les propos violents de ceux qui s'en sont pris, sans aucune autre forme de procès, aux acteurs d'un système dont ils prétendaient dénoncer les abus.

La révolte de ces déçus a certes totalement dérapé et ceux-ci sont devenus de très mauvais ambassadeurs de la souffrance que peuvent ressentir les justiciables face à une machine souvent lourde, de plus en plus complexe et, parfois, distante ou sourde à leurs revendications.

La condamnation de cette quérulence caricaturale ne devrait pas faire oublier aux juges et avocats l'importance que peut prendre la rancœur pour d'autres citoyens moins démonstratifs. Dans un monde où les attentes sont toujours plus fortes et les exigences de transparence et d'équité toujours plus grandes, se contenter de dire que la justice ne peut être qu'imparfaite ne suffit plus. Il faut encore savoir écouter les plaintes, prévenir les déceptions et mieux expliquer les décisions pour éviter que les ruminations ne conduisent à la vengeance.