Le dossier de la décharge de Bonfol est pourri par la méfiance, les intérêts et les susceptibilités réciproques des partenaires en présence: la chimie bâloise, le canton du Jura, les experts et les ONG. Chacun craint de perdre la face, la main et le magot.

Depuis cinq ans, le concept d'assainissement progresse sur le fil du rasoir. Au début, l'ex-ministre Pierre Kohler ruait dans les brancards. Son successeur Laurent Schaffter se dérobe, privilégiant les autoroutes et les trains. Il doit de toute urgence peser sur le chantier de Bonfol, désigner un chef de projet charismatique et imperméable aux pressions, et dégager des moyens, dans son administration, pour être le partenaire surveillant que la chimie et la loi exigent. Laurent Schaffter et le Jura ont tout à gagner d'un processus d'assainissement réussi à Bonfol. Il y va de l'environnement et de la santé de la population. Il en va aussi de l'image d'un canton certes modeste, mais capable d'être un interlocuteur organisé, compétent et de confiance, face à la puissante et parfois arrogante chimie bâloise.