Derrière les votes «soviétiques» qui ont marqué l'adoption d'une prise de position qui veut que l'armée se prépare à l'arrivée des chars russes et d'une révision dictatoriale des statuts se cache un profond malaise. Samedi, la direction du parti a fait en sorte que les sujets qui fâchent restent à l'écart de l'assemblée. Pas un mot de la libre circulation des personnes, aucune allusion au rejet du programme d'armement par le groupe UDC aux Chambres.

Les tensions sont pourtant réelles. A cause de ces deux dossiers, à propos desquels la base ne comprend pas l'attitude de ses dirigeants. A cause de Christoph Blocher aussi, dont l'éviction du Conseil fédéral a provoqué une immense déception à l'intérieur du parti, où il garde d'innombrables supporters.

La direction actuelle semble se satisfaire de cette unité de façade. Mais c'est une bombe à retardement et le moment viendra où elle devra répondre à ce malaise. En sera-t-elle capable? On peut en douter, vu sa faiblesse actuelle. Elle devrait pourtant comprendre la nécessité d'offrir à ses ouailles un autre avenir que celui de la vengeance d'un sexagénaire déchu.