Qu'est-ce qui est le plus important? Se faire comprendre, ou paraître politiquement inébranlable? Francine Jeanprêtre a sa réponse, et c'est sur le hiératisme qu'elle a porté son choix. Alors que le débat sur l'évaluation est maintenant devenu un véritable abcès de fixation scolaire, le bilan EVM s'en tient encore une fois à des généralités sur ce thème. L'occasion qui était offerte de sortir du dogme, de profiler une école consciente de devoir renseigner tout en formant ses élèves était rêvée. Elle n'a pas été saisie.

Une fois de plus, la cheffe du Département de la formation et de la jeunesse apparaît murée dans sa tour d'ivoire. Elle sait EVM insufisamment expliquée pour être endossée par la société vaudoise. Tant pis. Au nom du projet politique d'égalité des chances, la théorique cohérence pédagogique doit à tout prix l'emporter sur les réalités du terrain. Dès lors, le message qui passe est celui d'une école sachant ce qui est bon pour les élèves et la société, et dont la mission ne se discute donc pas. Les bénéfices de cette logique d'affrontement, qui fait durer le malaise scolaire actuel, sont encore difficiles à percevoir.