Si la décision qu'a reçue Hani Ramadan vendredi doit obliger le Conseil d'Etat à trouver une solution assurant à l'encombrant enseignant un avenir décent, on ne la regrettera pas. Mais si elle devait être le prélude, comme l'espère sans doute Hani Ramadan, à une dilution des principes sur lesquels le gouvernement cantonal s'était appuyé pour condamner le comportement de son fonctionnaire, elle marquerait, en réalité, une défaite de l'Etat de droit. Celui-ci, pour reprendre une formule connue, n'est pas un Etat de faiblesse. On peut se féliciter de la prudence avec laquelle les membres de la commission envisagent les atteintes portées par l'Etat aux libertés individuelles. Mais si l'honneur des démocraties est de laisser la parole et les convictions religieuses en liberté, nos sociétés ont aussi le droit d'affirmer, et d'imposer dans certains cas, leurs propres valeurs. En contraignant les enseignants de l'école obligatoire à une certaine réserve dans l'expression publique de leurs convictions quand celles-ci sont de nature à heurter les idéaux démocratiques, l'Etat ne viole aucune liberté. On veut croire que la décision de la commission n'entame pas ces principes, mais invite le Conseil d'Etat à conclure cette affaire par un acte qui évite de faire de Hani Ramadan une victime.