Comme Gerold Bührer, ancien président du Parti radical suisse, auquel il vouait un profond respect, Thomas Andres quitte la présidence de son parti cantonal sans éclat, sans panache. S'il a hérité d'un parti laminé par les querelles intestines, ce Genevois «hors sol» n'a jamais réalisé à quel point le grand vieux parti nécessitait une thérapie de choc. Au lieu d'un remède de cheval, il lui a administré un placebo. Répétant à l'envi la nécessité de réformes, de changer les structures du parti, de rompre avec l'électoralisme, cet ancien inspecteur de la sûreté, affable, n'a jamais réussi à susciter un débat d'idées à l'interne, à mobiliser. C'est finalement entre l'intentionnel, l'impossible et l'inéluctable que naviguait le président.

Après deux ans, force est de constater que la seule dynamique qui a pu être conservée, c'est celle de la défaite. Le bilan comptable des radicaux est catastrophique. Ils luttent aujourd'hui pour leur survie et n'attirent plus les vocations. Certes, les responsabilités de l'effondrement radical ne reposent pas sur le seul président. Le radicalisme genevois a également souffert d'une inquiétante inertie interne. Pourtant, aujourd'hui, si ce parti historique entend encore jouer un rôle, notamment gouvernemental, il ne peut plus se permettre de gérer les affaires courantes. Il a besoin de vision, de dynamisme et de renouveau. Le changement pourrait donc être salutaire. D'autant que, à Genève, quatre partis à droite, c'est trop. Le nouveau président radical sera-t-il le fer de lance du rapprochement libéral-radical?