A cause du litige qui l'oppose ouvertement à sa section zurichoise, l'ATE s'est tiré une balle dans le pied. La droite n'espérait pas une telle aubaine pour relancer ses attaques contre le droit de recours des associations, qu'elle a en horreur. Non sans raison, d'ailleurs. Les procédures de recours, et cela ne concerne pas que les associations mais aussi les particuliers qui savent en faire usage, sont un instrument de paralysie et de chantage néfaste pour le pays. Il est absolument nécessaire de les corriger, de les simplifier, de les raccourcir, de mieux les cibler, d'empêcher les abus.

L'affaire du stade de Zurich est révélatrice des dysfonctionnements du système. Il y a eu une votation populaire et le projet est manifestement d'intérêt public. La manière dont la section zurichoise fait usage des possibilités de s'y opposer paraît dès lors peu démocratique, ce qui est un comble pour une organisation qui prétend précisément incarner l'expression de la démocratie. Les écologistes politiques se sont bien rendu compte du problème. Comment expliquer autrement qu'ils aient pris les devants en préparant eux-mêmes des propositions d'aménagement du droit de recours? Contrairement à l'ATE zurichoise, ils ont bien compris qu'ils ont beaucoup à perdre dans cette aventure. Quelle que soit finalement l'issue de l'affaire, elle laissera des traces. Si elle veut limiter les dégâts, l'ATE a intérêt à entreprendre rapidement sa propre réforme interne afin de clarifier la répartition des compétences entre elle-même et ses sections.