Affolés par la flambée du prix du brut, la droite et les milieux économiques foncent désormais le nez dans le guidon. Dans la mauvaise direction. Certes, une taxe sur le CO2 pèserait sur l'économie. Mais elle produira justement des effets lorsque les entreprises et les propriétaires fonciers prendront des mesures pour éviter de la payer. En remplaçant progressivement les combustibles fossiles par d'autres vecteurs énergétiques. Le bois, la géothermie et d'autres énergies renouvelables offrent un énorme potentiel.En les négligeant de la façon la plus dogmatique, les milieux économiques retardent des investissements qu'ils seront contraints d'effectuer tôt ou tard, dans l'urgence, et qui se révéleront par conséquent bien plus coûteux. Car le pétrole ne redeviendra pas meilleur marché de sitôt. D'ici à quelques années, son prix pourrait à lui seul se révéler prohibitif.Dans l'immédiat, privilégier des mesures incitatives pour réduire les émissions de CO2 revient à compromettre les objectifs helvétiques liés au Protocole de Kyoto. Car le «centime du bâtiment» est bien trop léger pour encourager qui que ce soit à modifier son approvisionnement énergétique. Quant aux clopinettes qu'il est censé dégager, elles permettront tout au plus d'assainir une poignée de bâtiments par an. En ignorant cet enjeu écologique, les milieux économiques sont en passe de marquer un splendide autogoal.