La question de la défiscalisation des dons oppose deux principes qui paraissent complémentaires.

D'un côté, il faut se demander si les partis jouent un rôle d'intérêt public. Si on les prend isolément, on peut en douter, comme le font la plupart des juristes et le Tribunal fédéral. Chaque parti défend en premier lieu des idées et des valeurs qui lui sont chères, mais celles-ci n'enfilent l'habit de l'intérêt public que lorsqu'elles obtiennent le soutien de la majorité. Ilfaut donc que ces idées et ces valeurs soient partagées par d'autres camps politiques pour qu'elles s'imposent.

Plutôt que d'intérêt public, c'est d'intérêt général qu'il faut parler ici. A lui seul, cet argument ne peut donc suffire à placer les dons accordés aux partis politiques sur un pied d'égalité avec ceux versés à des associations qui, elles, sont reconnues d'intérêt public.

Il faut cependant prendre un autre argument en considération: la transparence. Cela fait des années que l'on se plaint de l'opacité du financement des partis en Suisse. Les observateurs de l'OCDE venus superviser les élections fédérales de l'automne 2007 s'en sont eux-mêmes étonnés.

Ainsi analysé, l'octroi de déductions fiscales pour les versements accordés aux partis peut être perçu comme un premier pas dans la bonne direction.