Attention danger. Projet ambitieux et nécessaire, la réforme de la péréquation financière est en train de prendre l'eau. On savait, car cela avait été annoncé, que les calculs qui ont servi de base à l'élaboration de ce vaste projet de revitalisation du fédéralisme n'étaient que provisoires. Mais comme ils étaient plutôt favorables aux cantons considérés comme financièrement faibles, ce qui est le cas de la plupart des romands, ils ont facilité l'acceptation du projet lors de la votation du 28 novembre 2004. Seuls trois cantons avaient dit non alors que six devront payer davantage que par le passé.

Les nouveaux calculs sont si différents des précédents, qui eux-mêmes divergeaient déjà sensiblement des toutes premières estimations, qu'il y a de quoi être perplexe. Ils font douter de l'ensemble de la réforme et du sérieux de ceux qui la pilotent. Si l'on peut admettre quelques variations peu significatives, il n'est pas acceptable qu'un canton comme Nidwald, connu pour ses pratiques fiscales offensives, se retrouve à ne plus rien devoir verser dans le pot commun de la solidarité intercantonale. Si tel est le cas, le nouveau système n'est pas fiable.

Si la consultation de cet été ne permet pas de corriger le tir, le Conseil fédéral, en particulier le ministre des Finances Hans-Rudolf Merz, devra choisir entre le report de la mise en œuvre de la RPT ou une opération de sauvetage qui passera inévitablement par une nouvelle injection d'argent fédéral.