La lune de miel est bel et bien terminée. L'idylle entre la présidente du Département de justice et police Micheline Spoerri et les syndicats aura été de courte durée. Le temps pour la magistrate de passer le cap d'une année 2003 parsemée d'événements à risques tel que le G8 sans craindre les humeurs de ses troupes. Le temps aussi pour ses protégés de croire qu'ils allaient définitivement asseoir leur influence sur une modification législative censée redonner attrait et avantages à une profession en crise. Après les promesses et les ovations, la réalité rattrape cruellement l'institution. Les forces de l'ordre se sentent flouées. Le parlement a voté une loi qui ne satisfait personne. Et la ministre suscite désormais les critiques les plus virulentes. Rien d'étonnant pourtant à ce que ces policiers se comportent aujourd'hui comme des enfants gâtés, intolérants à tout sentiment de frustration, oubliant qu'ils sont les mieux lotis de Suisse ou simplement les plus privilégiés au sein de la fonction publique genevoise. En cédant longtemps aux caprices de leurs représentants, Micheline Spoerri porte une lourde responsabilité dans cette situation. La tension s'annonce d'autant plus délicate pour la magistrate que cette année est placée sous le signe des élections. En tant que libérale, elle devra cette fois convaincre d'autres troupes de sa capacité à résister aux réflexes corporatistes des syndicats.