«C'est de la politique politicienne, mais sûrement pas économique ni sociale.» On ne saurait suspecter l'économiste Bernard Dafflon, professeur à l'Université de Fribourg, d'avoir un avis partisan. Mais le moins que l'on puisse dire, c'est que l'initiative socialiste ne l'emballe pas. Redistribuer l'argent des impôts quand le temps est au beau fixe, ce n'est pas de la gestion de finances publiques, affirme-t-il.

Il est vrai que l'on peine à discerner où mène le projet du PS fribourgeois. Même s'il parle d'«investir pour l'avenir», comment procédera-t-il s'il ristourne les bénéfices au fil des exercices positifs? Et comment mettre en œuvre, de façon équitable, un tel système à l'endroit des migrants? Des gros contribuables? Des personnes morales?

Basée sur l'axiome de la redistribution des richesses, l'initiative entend soulager en premier lieu la classe moyenne, en particulier les familles avec enfants. Objectif louable. Le problème: la droite prétend vouloir atteindre le même but avec les baisses linéaires. La guerre des chiffres est programmée, chaque camp contestant d'ores et déjà ceux d'en face.

Dans ce débat, les investissements pour dessiner le Fribourg de demain sont tout simplement évacués. C'est dommage. Le canton a les moyens d'être ambitieux. Après le pont de la Poya, pourquoi pas un RER qui révolutionnerait les transports publics de l'agglomération fribourgeoise?