Cela fait des années que l'Hospice général est en crise. L'annonce du déficit de 46 millions pour 2004 n'est qu'un épisode parmi d'autres. Mais cette fois, si le Conseil d'Etat réunit d'urgence le conseil d'administration de l'établissement public, deux facteurs expliquent cette mesure énergique. En pleine année électorale, le dossier de l'Hospice est une bombe à retardement qui peut exploser au plus mauvais moment. De plus, le 24 avril prochain, le gouvernement joue son budget 2005, puisque les Genevois devront voter sur un transfert de charges aux communes équivalant quasiment au franc près au déficit de l'Hospice. Or l'institution reste engluée dans la crise. Et il ne suffira pas de faire sauter le fusible Claude Torracinta pour y mettre un terme. Certes, l'ancien journaliste a sa part de responsabilité dans le dossier. Les énormes défis auxquels est confrontée l'institution nécessitent probablement une nouvelle vision et un nouveau mode de pilotage d'un navire particulièrement difficile à manœuvrer dans les méandres de la politique genevoise. Mais le ministre de tutelle Pierre-François Unger n'est pas exempt de reproches non plus en usant de l'autonomie de l'Hospice quand cela l'arrange. L'heure est donc à une réforme de fond.