Revoilà une de ces bisbilles dont le Jura a le secret! Il y eut réminiscence de la lutte des classes pour couler le projet de golf à Delémont, indignation face à la prétendue arrogance de Jean-François Roth pour jeter aux orties le programme «Pays ouvert». Voici la guerre de l'eau en guise d'exutoire aux rancœurs des communes. C'est navrant. Surtout que la loi jurassienne sur l'eau est un modèle susceptible de faire école ailleurs.

Cette stupide bataille de l'eau symbolise la résistance au changement qui tétanise un Jura qui a pourtant un urgent besoin de réformes. Les communes s'estiment asphyxiées. Sans se demander si leur impuissance, réelle, ne découle pas de leur structure, trop petite et imperméable à la modernité. Il y a bien une dynamique de fusion, mais à petite échelle, sans vision dépassant le proche voisinage.

Le référendum sur l'eau a un mérite, il met en lumière les rôles mal définis et enchevêtrés des communes et du canton. Les institutions internes au Jura doivent être repensées. L'Assemblée interjurassienne a peut-être tracé le chemin en prônant le grand saut de 83 à 3 communes et un partenariat renouvelé avec l'autorité cantonale. Le Jura a beaucoup à gagner à s'inspirer de l'audace de Glaris.