Cela a été, pendant des années, une sorte de jeu de l'oie médical. Les négociations avançaient de trois cases, dégringolaient en bas d'une échelle sournoise, remontaient, retombaient. Si bien qu'une partie des médecins a espéré échapper au nouveau tarif médical.

On comprend bien que chacun défende ses revenus avec la dernière vigueur, mais le TarMed vise tout de même à un rééquilibrage des revenus médicaux. Il n'y a aucune raison pour qu'une consultation de 10 minutes soit payée le prix de 20 comme c'est le cas maintenant. Ni que des gestes techniques, autrefois très compliqués, reviennent toujours aussi chers. La conversion du tarif médical historique en tarif basé sur la vérité des coûts est une nécessité, et le président de la FMH lui-même a dénoncé les «moutons noirs» de la corporation qui profitent du système actuel.

Il s'est avéré toutefois extrêmement difficile d'évaluer à sa juste valeur, chaque prestation médicale. On ne dira pas que c'est chose faite, seule la mise en œuvre du nouveau système permettra les corrections nécessaires. Et ce réajustement, que permet avec pertinence le nouvel accord, exigera des partenaires – tant les assureurs, qui devront reconnaître la juste valeur des prestations fournies, que les médecins, qui devront eux accepter de ne pas gagner sur tous les plans – une certaine sagesse…