Pas d'empoignades mémorables comme ce fut le cas en Allemagne. Pas de conflits de conscience comparables à celui qu'avait dit éprouver le président américain George W. Bush, se retirant dans son ranch avant de rendre son arbitrage. Mercredi, au Conseil des Etats, le ton était au pragmatisme, et probablement aussi au calcul. Que pouvait-on concéder aux adversaires sans compromettre l'essentiel du projet?

Du lest a donc été lâché. Beaucoup trop, disent déjà certains scientifiques. Le fait est que, sans opposition, le Conseil des Etats a accepté, accompagné de stricts garde-fous, le principe de l'utilisation par les chercheurs de cellules souches provenant des embryons surnuméraires de la fécondation in vitro – ceux qui, par accident, ne sont plus implantables dans le corps de la femme. Un premier pas, peut-être pas suffisant, vers un objectif souhaitable, mais qui exige du doigté pour y parvenir: l'utilisation éclairée, raisonnable, mais sans peur, de toutes les potentialités de la génétique humaine.

Au Conseil national, le débat pourrait prendre d'autres dimensions, ne serait-ce que par le fait que l'opposition de gauche à la recherche sur les cellules souches, insignifiante au Conseil des Etats, y sera extrêmement sensible. Et peut-être décisive. Que pourront alors lâcher les partisans du projet sans le dénaturer totalement?