Cela nous arracherait presque des larmes: Zoug, le paradis fiscal par excellence, se voit contraint d'octroyer de nouveaux rabais fiscaux à ses entreprises sous la pression des cantons voisins qui bougent plus vite que leur mentor.

«Nous ne voulons pas être les premiers à tout prix, mais nous devons nous aligner», explique avec un certain angélisme le directeur des finances. Les graphiques à l'appui de sa démonstration laissent songeur. Les bâtonnets marquant par exemple l'impôt sur le capital des sociétés holding dans les cantons de référence sont devenus si minces qu'ils se confondent bientôt avec la ligne du zéro.

A ce rythme-là, la concurrence, moteur tant vanté de la compétitivité helvétique, va se retrouver rapidement hors jeu quand tous les cantons se seront alignés sur le minimum.

La décision zougoise laisse un goût amer. Car le canton, berceau de la sous-enchère et champion incontesté pour la charge fiscale moyenne des entreprises, esquive les grandes questions. Notamment celle de savoir jusqu'où la concurrence entre les cantons est encore saine. Avec 1091 nouvelles entreprises venues s'installer l'année dernière dans le canton, Zoug est toujours dans une situation confortable. Ce qui devrait l'inciter à une responsabilité accrue.

Alors qu'Obwald est devenu le synonyme du canton-voyou, Zoug pousse à l'abri des stigmatisations le bouchon de la sous-enchère.