Le syndicalisme mène à tout à condition d'en sortir. Serge Gaillard est peut-être en train d'en apporter la démonstration et de suivre la voie tracée par quelques-uns de ses prédécesseurs, comme Beat Kappeler ou Daniel Nordmann.

Le premier nommé est aujourd'hui un commentateur politique remarqué, dont les thèses se situent à des années-lumière de celles qu'il défendait lorsqu'il était secrétaire central de l'USS. Le second est aujourd'hui à la tête de CFF Cargo, fonction qui le contraint à se frotter à la concurrence et à adapter les conditions de travail de ses employés à un environnement en pleine mutation. Voilà deux exemples qui auraient de quoi rassurer la droite et les patrons.

Peut-être Serge Gaillard suivra-t-il cette voie-là. L'homme est intelligent et compétent. Il ne sera pas, au Seco, le chef syndical qu'il a été pendant douze ans.

En attendant de le vérifier, c'est l'audace affichée par Doris Leuthard qu'il faut saluer. Elle recompose la direction du Seco en faisant appel à un syndicaliste, à un conseiller issu de la pensée radicale et à une femme que l'on devine proche de ses propres idées. Elle montre ainsi sa volonté de s'écarter des choix partisans trop souvent effectués par la plupart de ses prédécesseurs au moment de constituer leur entourage.