La première partie de l'évaluation de la LAMal met en avant son aspect systémique, les interactions des nombreux acteurs qui interviennent dans son application. L'ensemble est incroyablement complexe. Il se construit, pièce par pièce. Cela demande de la bonne volonté et de la persévérance. Si bien que les «y a qu'à» des pourvoyeurs de solutions faciles résonnent de façon très réductrice. Car les interventions sur la loi ne peuvent se faire sans entraîner une chaîne de réactions, une sorte d'effet papillon. Dès lors il est assez irresponsable d'y procéder en tenant compte d'un seul groupe d'intérêt.

Les propositions simplistes n'ont pas manqué. Selon Denner il n'y avait qu'à offrir une assurance limitée à l'hôpital, l'Union démocratique fédérale propose également sa solution et lance une initiative populaire. Chacun voit les choses de son point de vue limité: «Y a qu'à». Auquel on pourrait répondre «y a qu'à» appliquer la loi. Mais les résistances, on l'a vu, sont tenaces. Et la LAMal va son train de sénateur, se toilettant en permanence.

Un regard critique sur la loi et son application est pourtant indispensable et l'on se réjouit de ce point de vue de connaître, en décembre, l'évaluation complète de ses effets et leur mise en perspective. Le point le plus délicat reste bien sûr le poids des primes dans le budget des assurés. Y a qu'à?