Après avoir retiré la formation de ses diplomates de l'Institut de hautes études internationales et l'avoir en partie «négligé» depuis, la Confédération opère un retour en force dans cet établissement qu'elle subventionne à hauteur de 37%. Cette implication nouvelle ne peut être que saluée, car elle est susceptible de rompre avec le cercle vicieux des psychodrames qui ont émaillé la quête d'un nouveau directeur pour HEI. Elle permettra sans doute de dépasser enfin les intrigues stériles qui n'ont cessé d'altérer l'image de ce joyau insuffisamment exploité. D'autant qu'aujourd'hui, les tergiversations ne sont plus permises.

Reste à se demander si un rattachement aux Ecoles polytechniques constitue la meilleure réponse à la désorientation stratégique de la Villa Barton. Intrinsèquement, les EPF n'apparaissent pas comme la structure d'accueil idéale pour HEI. Si un tel rattachement devait néanmoins intervenir, il devrait répondre à deux impératifs incontournables: permettre des synergies concrètes susceptibles de développer l'envergure internationale de l'institut. Mais aussi servir de catalyseur d'une mise en réseau efficace avec les centres créés par la Confédération ainsi qu'avec des institutions étrangères. Au-delà de l'impact sémantique que peut avoir le saut institutionnel du régional au national, la simple fédéralisation ne suffit pas. Le changement doit avoir une ambition qui va bien au-delà de l'organigramme. Avec son ancrage dans un milieu où foisonnent les organisations internationales, l'institut doit désormais aussi devenir un instrument de la politique étrangère suisse en manque d'innovation.