Les municipales de dimanche préfigurent-elles les élections fédérales de cet automne? Elles débouchent en tout cas sur un constat irréfutable: les partis traditionnels de droite continuent de s'éroder au profit du centre gauche ainsi que de l'UDC. Dans un contexte social, économique et international troublé, Verts et socialistes ont su répondre aux préoccupations des citoyens par des arguments de proximité mesurés. En dépit de l'indigence de son programme politique, l'UDC a su capitaliser les peurs du moment. Au sein de l'Entente bourgeoise en revanche, certains diront que c'est la faute à George Bush, que les manifestations anti-guerre ont donné une visibilité inespérée aux socialistes et écologistes, plus présents sur le terrain. Mais nul n'est besoin d'aller en Irak pour trouver les raisons de l'échec. Elles sont au cœur même des partis et de la campagne électorale qu'ils ont menée. En se focalisant sur les problèmes de circulation en ville et les crottes de chiens, la droite traditionnelle n'a de toute évidence pas su prendre le recul suffisant pour développer des thèmes plus fondamentaux tels que les rapports Ville-canton. Il ne faut dès lors pas s'étonner si l'extrême gauche, qui s'est distinguée par un populisme de tout instant, accompagne les partis de l'Entente dans leur chute. Il n'empêche, après la débâcle des élections cantonales de 2001, le Parti radical est en train de perdre pied là même où demeurait son ultime bastion: les communes. Le PDC reste englué dans un hypercentre dont on peine à cerner les contours. Quant aux libéraux, peu intéressés par les affaires municipales, ils semblent se contenter de gérer l'existant.