Certes, après avoir minimisé l'affaire des notes de frais, le recteur de l'Université, André Hurst, a fait son mea culpa. Il a admis avoir mal géré la communication et insiste sur le fait que les sommes perçues indûment ont été remboursées. Mais l'affaire ne peut pas se solder ainsi. Elle ne se limite pas aux cinq cas pénaux et aux quelques milliers de francs qui s'y rapportent. Car l'audit de la fiduciaire mandatée par l'Université avait révélé que le quart des demandes de remboursement de frais présentaient des irrégularités. Ce qui représente 2,5 millions de francs. Même si toutes les irrégularités ne sont pas aussi graves que celles qui font aujourd'hui l'objet d'une enquête, cela fait cher l'approximation.

Cela dit, même prise dans toute sa dimension, l'affaire des notes de frais n'est que la pointe de l'iceberg: l'Inspection cantonale des finances a montré que c'est toute la comptabilité de l'université qui est lacunaire et opaque. Une situation inadmissible, à laquelle l'Université doit impérativement remédier.

Cela n'excuse rien, mais il faut rappeler que l'Université n'est pas la seule institution à présenter des comptes approximatifs. Quand on sait à quel point les consignes de l'ICF ont été ignorées au fil des ans et à quelle invraisemblable cosmétique des comptes l'Etat lui-même s'est livré pendant des législatures, on sait que c'est toute une culture qui doit changer. Le cas de l'Université révèle que tous les élus ne partagent pas cet avis. On est en droit de s'en inquiéter.