La crédibilité et l'indépendance d'une majorité du parlement jurassien sont désormais sujettes à caution. En particulier celles d'une majorité d'élus radicaux et des députés enseignants bourgeois: en une seule journée, ils ont réduit considérablement les impôts, imposé un train d'économies drastiques à la fonction publique et aux institutions subventionnées, sociales et hospitalières. Avant de céder à la croisade du syndicat des enseignants, refusant toute mesure affectant leur statut et leur revenu.

Quel mépris et quelle incohérence de la part d'élus bourgeois, habituellement chantres du moins d'Etat et pourfendeurs des privilèges de la fonction publique. Comment ne pas déceler dans le vote des députés enseignants une défense étroite d'intérêts corporatistes? Comment ne pas stigmatiser l'omnipotent syndicat des enseignants, dont l'intransigeance et les menaces ont piégé d'inconséquents élus radicaux! C'est dangereux, choquant et préoccupant.

Ose-t-on espérer un sursaut, en faveur de l'intérêt supérieur de l'Etat? Il est indispensable. Pour atténuer l'effet provocateur de la décision parlementaire, gouvernement et syndicat des enseignants doivent sans délai retourner à la table des négociations, non plus pour s'invectiver et reproduire le dialogue de sourds qui a eu cours l'automne passé, mais en partant du principe que les profs doivent aussi participer à l'effort d'économies du canton, toutefois sous une autre forme que l'augmentation du pensum.