Comme Jean Studer à Neuchâtel, Charles Juillard a su renverser la fâcheuse inclination déficitaire de la trésorerie jurassienne. A cette nuance près que le grand argentier PDC du Jura parvient en même temps à réduire la pression fiscale, même si c'est très modérément.

Charles Juillard et le gouvernement jurassien, après leur entrée en fonction calamiteuse au début de 2007, sont parvenus à faire admettre la nécessité d'assainir un ménage cantonal trop dispendieux. Avec cet effet inattendu: les syndicats de la fonction publique formulent des propositions d'économies et veulent accélérer le mouvement. Le Jura donne l'image d'un canton conscient de ses difficultés et qui se prend en main. La métamorphose mérite éloge, à la veille de célébrer trente ans de souveraineté cantonale en 2009.

Pas question, toutefois, de crier victoire trop tôt. L'effort d'économies et de réformes n'en est qu'à ses débuts. Les premiers résultats sont encourageants et doivent inciter à poursuivre. Et aller au-delà. Eradiquer le déficit financier est une chose, moderniser et rendre plus efficient un petit canton trop souvent paralysé par l'esprit de clocher et l'absence de vision en est une autre. Le Jura a compris qu'il est face à son destin. Seul, ou avec le Jura bernois.